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18 avril 2008

Comment concilier développement humain et respect de notre environnement

492d56958504c520a19f7284fe50d2ea.jpgLa multiplication de troubles sociaux liés à la crise alimentaire mondiale pose la question de l'adéquation entre le développement de l'Humanité - et donc de son alimentation - et l'exigence impérieuse de respecter l'environnement dans lequel nous évoluons.

Les crises mises en lumière ces derniers jours (alimentaire, financière et environnementale) sont connues depuis bien longtemps.

Depuis des années les experts financiers, agroalimentaires, scientifiques, responsables d'ONG, etc, ont insisté sur leur survenance qui ont plusieurs origines structurelles :

- la population mondiale s'est accrue, depuis la 2nde guerre mondiale, comme jamais dans l'histoire de l'Humanité ;
- grâce au libre-échange, les classes moyennes ont émergées dans des pays où la population était jusqu'alors coupée en deux (exemple le plus proche de nous : le Maroc) avec une catégorie (largement la plus nombreuse) très pauvre et une catégorie (très largement minoritaire) très riche. Or - et c'est une bonne nouvelle - ces nouvelles classes moyennes consomment plus car elles se nourrissent mieux ;
- la dégradation de l'état de notre planète a des conséquences sur le mode de vie et le déplacement des populations dans certaines régions ;
- la politique des agrocarburants entraîne une réduction des terres arables destinées à l'alimentation ;
- l'explosion (prévisible) de la demande en Asie...

Ce à quoi il faut ajouter des origines conjoncturelles telles que la sécheresse qui a frappé en 2007 de grands producteurs comme l'Australie ou la crise financière qui a conduit les spéculateurs à se tourner vers "les matières premières qui sont devenues des instruments de placement" (Christine Lagarde, Ministre de l'Economie).

Toutes ces données étaient connues. Mais nous n'avons pas su nous y préparer... il nous faut maintenant parer à l'urgence et lancer les politiques nécessaires pour rétablir à long terme la situation.

La communauté internationale annonce ainsi une action concertée au niveau planétaire. Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), ce sont 37 pays qui sont aujourd'hui menacés de crises alimentaires.

Robert Zoellick (président de la Banque mondiale) a souligné que le problème alimentaire - qui a provoqué de violentes manifestations dans plusieurs pays du tiers monde ces dernières semaines - doit être au centre des préoccupations des gouvernements. Pour bien comprendre la complexité de la question, il faut savoir que la part du revenu consacrée à l'alimentation atteint près de 90% dans certains pays comme le Sénégal (alors qu'il n'est que de 10 à 15% en Europe ou au Etats-Unis). La marge de manoeuvre de ces populations est donc inexistante pour faire face à la flambée des prix des denrées alimentaires. C'est donc une réponse mondiale qu'il nous faut apporter.

Grâce à l'accroissement des parcelles, la production mondiale agricole devrait augmenter de 2,6% cette année. Mais cela ne sera pas suffisant. Il faudra aller plus loin dans la politique alimentaire mondiale, à commencer par l'Europe avec la nécessaire réforme de la PAC. Nous ne pourrons pas dire que nous n'avons pas agi car nous ne pouvions pas prévoir...

174f18065c4ece9869427ec60822ecb4.jpgLe problème devient d'autant plus épineux à résoudre quand on prend - et cela s'impose - en compte la question environnementale. L'accroissement de la production entraînera nécessairement des conséquences sur l'état de notre planète. Pour produire, nous avons besoin d'énergie... le plus souvent polluante.

C'est la raison pour laquelle, Nicolas Sarkozy avait insisté, lors de la campagne présidentielle, sur le fait que "l'on ne sauvera pas l'humanité en faisant de l'écologie une idéologie totalitaire (...). Je refuse que l'on somme l'homme de choisir entre la croissance et l'environnement. Je veux le progrès économique dans le respect de la planète" (Discours de Bordeaux, 2 mars 2007). Nous avons aujourd'hui besoin du progrès technologique pour produire plus afin de nourrir plus tout en préservant notre environnement.

Le Président de la République a ainsi exhorté les principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre à sortir des positions défensives pour éviter une catastrophe climatique. Il a rappelé que la négociation sur les suites à donner au protocole de Kyoto sur la lutte contre le réchauffement climatique devait aboutir au plus tard fin 2009 : "Nous ne réussirons que si nous nous engageons ensemble dans une approche coopérative et la recherche de solutions justes".

Nicolas Sarkozy a aussi relevé l'urgence d'agir pour renforcer la sécurité alimentaire. Il propose un partenariat mondial pour l'alimentation et l'agriculture et s'engage à ce que la France double, dès cette année, son enveloppe d'aide alimentaire pour la porter à 60 millions d'euros.

Le Chef de l'Etat a souligné que "la crise alimentaire appelle des réponses immédiates mais aussi une stratégie ambitieuse d'aide pour l'agriculture", tout en oeuvrant pour le respect de notre planète.

Commentaires

il faut lutter contre le réchauffement climatique tout en augmentant la production alimentaire (très consommatrice en énergie et donc polluante). Ce ne va pas être simple de concilier ces deux objectifs ! Une question qu'il faut se poser : pouvons-nous nourrir 10 milliards de personnes ? La Terre peut-elle survivre à une augmentation sans cesse de la population mondiale ?

Ecrit par : julien | 23 avril 2008

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