06 octobre 2008

Prix Nobel de médecine

P859401D717231G_apx_470__w_ouestfrance_.jpgdépêche AFP (06.10.08)

Le prix Nobel de médecine a récompensé lundi les travaux de chercheurs sur deux grandes maladies des temps modernes: le sida avec les Français Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, et le cancer avec l'Allemand Harald zur Hausen.

Les deux scientifiques français ont été couronnés pour avoir découvert le virus immunodéficitaire (VIH) responsable du sida et qui a tué 25 millions de personnes à travers le monde, ont indiqué les attendus du comité Nobel à Stockholm.

Dans ses recherches séparées, l'Allemand a identifié le virus responsable du cancer du col de l'utérus qui touche chaque année 500.000 femmes dans le monde.

La découverte de Mme Barré-Sinoussi, 61 ans, et du professeur Montagnier, 76 ans, "a été essentielle à la compréhension actuelle de la biologie de cette maladie et à son traitement antirétroviral", selon le comité.

M. zur Hausen, 72 ans, ancien directeur du centre de Recherches sur le cancer en Allemagne, a quant à lui trouvé la cause du cancer du col de l'utérus, le "virus du papillome humain" ou papilloma virus (VPH), deuxième type de cancer le plus répandu chez les femmes.

"Contrairement aux idées qui prévalaient dans les années 70, Harald zur Hausen a posé comme postulat le rôle du virus du papillome humain dans le cancer de l'utérus", a indiqué le communiqué.

Mme Barré-Sinoussi, professeur de virologie à l'Institut Pasteur et M. Montagnier, professeur de virologie à l'Université de Paris, ont réussi dès 1984 à isoler le nouveau rétrovirus humain, aujourd'hui connu sous le nom de VIH, responsable du sida.

"L'importance de leur travaux doit être considérée dans le contexte de l'épidémie omniprésente dans le monde et qui affecte près d'1% de la population", note encore le comité Nobel.

"Le succès de la thérapie rétrovirale a permis d'augmenter l'espérance de vie des personnes affectées par le VIH, espérance aujourd'hui semblable à celle des personnes saines".

On estime que 33 millions de personnes séropositives vivent actuellement dans le monde.

Le 20 mai 1983, dans un article publié dans la revue américaine Science, une équipe de médecins et de chercheurs de l'Institut Pasteur (Paris), dirigée par le professeur Luc Montagnier, avait décrit un nouveau virus, différent des virus connus jusque là et suspecté d'être responsable du syndrome d'immunodéficience acquise (sida).

Isolé à partir d'un patient séropositif, ce virus a été baptisé LAV pour virus associé à la lymphadénopathie, par allusion au gonflement des ganglions (adénopathie), signe avant-coureur de la maladie. Il a ensuite été rebaptisé VIH.

"J'avoue que j'étais à 100 lieues de m'attendre à cette nouvelle" a déclaré Mme Barré Sinoussi lundi, ajoutant avoir, après 1983, consacré "entièrement sa carrière à la recherche sur le virus".

Ces dernières années, le Nobel de médecine avait surtout récompensé les travaux sur la génétique. L'année dernière, les Américains Mario Capecchi et Oliver Smithies et le Britannique Martin Evans avaient été récompensés pour leurs découvertes sur le ciblage de gène.

Les lauréats du Nobel recevront leur prix le 10 décembre à Stockholm et à Oslo pour celui de la paix.